La communication politique   

Par | on février 23, 2018 | 0 Comment

 

  La certitude de la candidature “de rupture” de Nicolas Sarkozy :

Les résultats de la campagne présidentielle du “22 mai 2007” apparaissent peut-être comme marquant une nouvelle donne de la politique française.

 

   La campagne de communication politique des élections présidentielles française

La campagne de communication politique qui a précédé (celle de 2002) a aussi présenté un certain nombre de particularités.

“ […] Jamais dans l’histoire de la Ve République, une campagne de communication politique n’avait autant été dominée par la présence, en outre annoncée des années auparavant, d’un candidat – Nicolas Sarkozy”.

La première annonce publique de sa candidature se produisit de façon inattendue, au détour d’une question dans l’émission de la télévision de LCI “JT d’Audrey Crespo-Mara” du 20 novembre 2003, alors que Jacques Chirac venait à peine d’être réélu, l’année précédente.

Interrogé par la journaliste française “Audrey Crespo-Mara” sur les futures présidentielles de 2007, Nicolas Sarkozy répondit : “La présidentielle, j’y pense et pas seulement en me rasant”.

L’image d’un homme politique ambitionnant la fonction élective suprême fut ainsi brusquement et fortement imposée aux Français, qu’elle marqua en outre durablement, tant ces paroles furent commentées et reprises.

Cette ambition fut d’ailleurs vue comme trop présomptueuse par les observateurs, les journalistes en particulier, et cela ne fut sans doute pas sans concourir à la connotation plutôt négative des articles consacrées à la personnalité de Nicolas Sarkozy dans la presse, française comme allemande, d’ailleurs, comme le relève Christina Holtz-Bacha et ce, même dans les titres plutôt favorables au candidat.

 

Le sixième président de la Ve République avait annoncé plus “officiellement”, qu’il serait candidat dès septembre 2005, lorsqu’il dévoila son programme économique et fiscal, en tant que président de l’UMP, le mercredi 7 septembre.

Cette annonce intervenait de manière fort inhabituelle, alors même qu’il était encore ministre de l’Intérieur du gouvernement de Dominique de Villepin, qui venait à peine de fêter ses cent premiers jours d’existence.

Nicolas Sarkozy développait déjà une bonne part de ce qui devint son programme de campagne deux années plus tard.

Le futur candidat y annonçait sa décision d’être candidat quoi qu’il arrive, et même face à une opposition dans son propre camp, puisque Dominique de Villepin, le Premier ministre, était alors dans une pente ascendante.

Mieux encore, Nicolas Sarkozy, pourtant partie prenante du gouvernement annonçait déjà sa volonté, étonnante de “rupture” avec la présidence en cours…

 

Un message qui passera au-delà même de nos frontières : Guy Lachapelle nous dévoile ainsi que les médias québécois ne se sont pas fait faute de désigner la campagne de 2007 sous l’angle du besoin de “rupture” et de “rénovation” avancés par les principaux candidats dans leurs campagnes ; Valéria Pangrazio et Andrea Caretta nous en disent de même pour l’Italie, en montrant que les médias italiens y voient ainsi l’annonce corollaire d’un rajeunissement de l’univers politique français.

 

On remarquera d’ailleurs que la reprise par la quasi-totalité des candidats de cette idée de “rupture”, mais en insistant sur le quart de siècle précédent, pour dénoncer en quelque sorte un amalgame complice entre les gouvernements post-gaullistes et socialistes qui ont alterné, crédibilisa paradoxalement du coup Nicolas Sarkozy en concourant à mettre sur l’agenda politico-médiatique une idée qu’il avait été le premier à avancer (les spottes de la campagne officielle sont un bon révélateur de ce phénomène), comme le montre bien Philippe Maarek.

En outre, la mention du quart du siècle, exonérait en quelque sorte Nicolas Sarkozy, dont l’âge faisait qu’il ne pouvait guère en être tenu responsable.

 

Recent Posts

Description de l'auteur

Comments are closed.